Sommaire
- Comprendre le projet personnalisé de scolarisation : un droit fondamental
- Première étape : la demande de PPS auprès de la MDPH
- L’évaluation des besoins : rôle clé de l’équipe pluridisciplinaire
- L’élaboration du PPS : co-construction avec les familles
- Mise en œuvre concrète à la rentrée : coordination entre école, AESH et services spécialisés
- Le suivi annuel et l’actualisation du projet personnalisé de scolarisation
- Repères juridiques et comparatif des dispositifs d’accompagnement en milieu scolaire
- Foire aux questions sur le projet personnalisé de scolarisation
Comprendre le projet personnalisé de scolarisation : un droit fondamental
Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) constitue une pierre angulaire de la politique inclusive à l’école depuis la loi du 11 février 2005. Ce dispositif vise à garantir à chaque élève en situation de handicap un parcours éducatif adapté à ses besoins, en favorisant son inclusion dans le système scolaire ordinaire chaque fois que cela est possible. Le PPS définit les aménagements, adaptations pédagogiques et accompagnements indispensables à la réussite scolaire, en lien direct avec la famille, les professionnels de l’éducation et le secteur médico-social.Selon la DSDEN, près de 430 000 élèves bénéficiaient d'un PPS à la rentrée 2023, illustrant l’ampleur de la mobilisation autour de ce dispositif. L’élaboration du PPS est un droit pour chaque élève identifié comme relevant de la reconnaissance du handicap, et constitue un levier d’égalité réelle dans l’accès à l’éducation.
Première étape : la demande de PPS auprès de la MDPH
L’initiation du projet personnalisé de scolarisation repose sur une démarche formalisée auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Cette demande peut être formulée par la famille ou, dans certains cas, par l’établissement scolaire avec l’accord des représentants légaux de l’élève. Elle implique le dépôt d’un dossier comprenant :- Le formulaire de demande à la MDPH (dossier CERFA spécifique),
- Les bilans médicaux, psychologiques, paramédicaux (orthophonie, ergothérapie…),
- Les bilans scolaires réalisés par les enseignants référents ou l’établissement,
- Une lettre explicitant les besoins de l’enfant et les attentes de la famille.
Astuce pratique : Anticiper au maximum le dépôt du dossier, idéalement dès le mois de janvier pour une entrée scolaire en septembre 2026, afin de permettre une bonne synchronisation avec la mise en place effective des accompagnements.
L’évaluation des besoins : rôle clé de l’équipe pluridisciplinaire
L’analyse approfondie des besoins de l’élève est réalisée par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH. Celle-ci regroupe des professionnels de l’éducation, du secteur social, médical et paramédical, garantissant une approche globale des spécificités de chaque situation. Ce travail collaboratif débouche sur la rédaction du GEVASco (Guide d’Évaluation des Besoins de Compensation en matière de Scolarisation), outil normé depuis 2015 selon la circulaire MEN 2016-186.Ce document précise :
- Le niveau d’autonomie de l’élève et ses besoins en matière d’adaptation,
- Les activités à soutenir (mobilité, communication, apprentissages),
- Les aides humaines (Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap – AESH),
- Les aides matérielles (matériel pédagogique adapté, logiciels, accessibilité des locaux),
- Les besoins en soins ou en suivi spécialisé pendant le temps scolaire.
L’élaboration du PPS : co-construction avec les familles
Le projet personnalisé de scolarisation est co-construit avec la famille, l’équipe éducative et, lorsque cela est possible, l’élève concerné. Ce principe d’implication active des proches vise à placer la personne au cœur des décisions la concernant, conformément aux orientations des politiques inclusive nationales.Le PPS définit formellement :
- Les modalités de scolarisation (classe ordinaire, dispositif ULIS, établissement médico-social...),
- Les adaptations pédagogiques (aménagements d’emploi du temps, supports adaptés...),
- Les besoins d’accompagnement humain, matériel ou thérapeutique,
- La durée et l’évolution prévisionnelle du projet (avec possibilité de révision annuelle ou à la demande).
Exemple concret : Thomas, 8 ans, avec trouble du spectre autistique, nécessite un soutien humain (AESH), une sensibilisation de ses camarades et des temps de pause aménagés. Son PPS détaille précisément le cadre de ces adaptations, validé en réunion réunissant sa famille, son enseignant référent, une psychologue et l’AESH.
Mise en œuvre concrète à la rentrée : coordination entre école, AESH et services spécialisés
L’adoption du PPS déclenche un ensemble d’actions coordonnées au sein de l’établissement scolaire et, le cas échéant, avec les services spécialisés extérieurs (SESSAD, CMP, professionnels libéraux). Les principaux volets de cette mise en œuvre sont :- L’affectation de l’élève conformément aux préconisations (classe de référence, ULIS, ITEP...),
- L’attribution d’un AESH individuel ou mutualisé selon l’évaluation du besoin,
- La communication du projet à l’équipe enseignante et aux personnels concernés,
- L’aménagement des espaces physiques et l’adaptation du matériel pédagogique,
- La préparation à l’accueil par une formation ou une information des camarades et de la communauté scolaire.
Bonnes pratiques issues du terrain : Organisation d’une visite préparatoire des locaux avec l’élève et sa famille, adaptation progressive de l’emploi du temps, point de contact référent parmi l’équipe éducative.
Le suivi annuel et l’actualisation du projet personnalisé de scolarisation
Un suivi annuel est obligatoirement réalisé pour réévaluer les besoins, mesurer l’efficacité des aides apportées et adapter le PPS si nécessaire. Cette démarche implique tous les acteurs du parcours : famille, enseignant référent, équipe éducative, AESH et, selon les besoins, les professionnels médicaux et sociaux associés.Ce suivi prend la forme d’une réunion (souvent appelée équipe de suivi de la scolarisation – ESS), qui :
- Bilan du déroulement de l’année scolaire,
- Analyse des difficultés et des réussites,
- Propose d’éventuels ajustements (changement d’accompagnement, modification des adaptations, etc.).
La réactivité de cette démarche conditionne la prévention des situations de rupture et favorise la construction de parcours de réussite durable pour l’élève.
Repères juridiques et comparatif des dispositifs d’accompagnement en milieu scolaire
| Dispositif | Définition | Type d'accompagnement | Cadre légal |
|---|---|---|---|
| PPS | Projet personnalisé visant l'adaptation du parcours scolaire d'un élève en situation de handicap | Accompagnement humain, matériel et pédagogique individualisé | Loi du 11 février 2005 ; Code de l’éducation art. L112-2 |
| PAI | Projet d’Accueil Individualisé pour des besoins de santé chroniques (allergies, maladies…) | Organisation de la prise en charge médicale à l’école | Circ. n° 2003-135 du 8 sept. 2003 |
| PAP | Plan d’Accompagnement Personnalisé pour troubles d’apprentissage reconnus mais sans handicap | Aménagements pédagogiques, soutien scolaire | Code de l’éducation art. D351-12 |
| ULIS | Unité Localisée d’Inclusion Scolaire (dispositif collectif d’appui au sein d'un établissement) | Dispositif mutualisé, enseignement adapté | Circ. MEN n° 2015-129 du 21 août 2015 |
Ce tableau permet de visualiser les différences entre dispositifs d’accompagnement : le PPS garantissant la personnalisation la plus complète du parcours pour les élèves bénéficiant d’une reconnaissance MDPH.